“LE SÉGUR DE LA SANTÉ”

On connaissait le Grenelle de l’environnement, le Grenelle de la Santé, le Grenelle de l’emploi… Voilà cette fois :

“LE SÉGUR DE LA SANTÉ”

Emmanuel Macron avait promis fin mars “un plan massif d’investissement et de revalorisation” pour l’hôpital.
Ce lundi 25 mai, une vaste concertation est lancée afin d’améliorer, entre autres, les conditions de travail du personnel soignant, ses rémunérations, la gouvernance des hôpitaux, la prise en charge des malades …

Le gouvernement tente d’acheter le calme en promettant d’augmenter “significativement” tous les salaires des oignants… à la fin de la concertation.
Pourquoi ne le fait-il pas tout de suite ? Pourquoi le montant de cette augmentation n’est pas annoncé d’entrée ?
C’est la question que beaucoup de soignants se posent, habitués à des promesses non tenues depuis 20 ans, habitués à voir leurs pratiques saccagées.

L’humain doit être remis au cœur de notre système de Santé, avec un service public renforcé et par la reconnaissance salariale de l’engagement de ses personnels.

Les personnels des hôpitaux et des EHPAD expriment leurs difficultés depuis maintenant des années.
En 2019, les grèves et mouvements des agents hospitaliers n’ont pas été entendus, aucune réponse n’a été apportée à leurs revendications.
Fin novembre 2019, après une énième journée de mobilisation nationale de la santé, le gouvernement avait annoncé que le gel du point d’indice des salaires de la fonction publique été maintenu pour la dixième année consécutive.
Depuis le 1er juillet 2010, la perte de pouvoir d’achat du point d’indice par rapport à l’indice des prix à la
consommation s’élève à 8,27 %.

Depuis le 1er janvier 2000, la perte de pouvoir d’achat s’élève à 18 % !

Interpellé lors d’une visite à l’hôpital, Emmanuel Macron a promis de “mettre fin” à la “paupérisation” des personnels
soignants, en engageant une hausse des rémunérations, parallèlement aux primes annoncées face à la crise du Covid19.
Ce geste est revendiqué depuis des années par la CGT, qui dénonce la faiblesse des salaires hospitaliers, notamment
pour les infirmiers : ces derniers touchent 1.500 euros net en début de carrière, soit l’un des niveaux les plus faibles
des pays de l’OCDE.

Ce que nous demandons, ce sont des créations de postes pour l’amélioration des conditions de travail et de prise en charge des patients et résidents, des créations de lits, du matériel pour soigner dignement, l’augmentation des salaires de 300 euros pour tous et le dégel du point ’indice, une augmentation des budgets des établissements.

Les militants CGT entendent toutefois rester vigilants afin que ce geste ne soit pas seulement limité aux infirmiers mais étendu à l’ensemble des personnels hospitaliers.

Nos dirigeants ont employé des mots forts dans leurs discours mais ce que nous attendons, ce sont des actes ! Les personnels hospitaliers ne se contenteront pas d’annonces, ni de remerciements ou de médailles. Ils ne se contenteront pas non plus de primes éphémères et aléatoires.
Prêt à discuter, les soignants s’inquiètent en effet que cette annonce d’une augmentation ait été assortie d’une remise en question des 35 heures. Le Premier ministre Édouard Philippe a en effet dit qu’il n’y aurait pas de tabou sur la question du temps de travail. Voilà donc leur hôpital de « l’après » : pour gagner plus, il faudra travailler plus !
Et surtout, s’il promet de redonner un pouvoir de décision aux soignants, le gouvernement n’envisage pas de remettre en question le mode de “gouvernance”, c’est-à-dire une direction purement gestionnaire, des budgets décidés au niveau des ARS. Le gouvernement continue à penser que ça n’est pas le mode de “gouvernance” qui fait problème, mais le mode de management…
Il faudra nous expliquer la différence.
Si la logique comptable continue de primer sur la logique des pratiques de soin, rien ne changera, on aura toujours un hôpital qui n’est pas rentable selon les gestionnaires, et qui n’est pas efficace selon les soignants.
On est à peine sortis de la crise, que les directions des hôpitaux reprennent déjà les réflexes d’avant : ils recommencent à compter le nombre des lits, et à programmer leur fermeture, le CHM ni coupe pas, beaucoup de
questions se posent quant à l’avenir de certains services comme les “UMD femmes ou encore Les Cordelles”.
La CGT, mobilisée depuis des années, continuera à suivre, au jour le jour les discussions dans le cadre de ce Ségur et à demander un moratoire sur toute fermeture de lit, de service, et d’établissement médico-social.
Pour effacer cette séquence désastreuse et politiquement dangereuse du quinquennat, l’exécutif promet de revoir sa copie, mais reste flou sur les moyens : il ne donne aucun montant de revalorisation des salaires, ni de progression du budget consacré à l’hôpital.

On prend acte des propositions de Monsieur Véran.
Mais on attend les négociations.