Le “nouveau monde” et le “monde d’après …”

[…]Celle de nous faire percevoir à quoi pourrait ressembler un monde libéré […]

Depuis son élection et même avant, Emmanuel Macron et son gouvernement se targue
d’incarner le “Nouveau monde”, sans doute par opposition à “L’ancien monde”, celui des
trente glorieuses, celui où l’on aurait dépensé sans compter, celui où l’on aurait creusé “La
dette”, celui où l’on ne connaissait pas les joies de la “Mondialisation heureuse”, celui où le
néolibéralisme ne faisait pas encore totalement sentir ses effets délétères.


On a pu voir depuis, que le dit “Nouveau monde” qui se parait de toutes les vertus et qui
s’engageait également à rompre avec les pratiques politiciennes de l’ancien, ressemble en
fait furieusement à ce qui avait cours avant… en pire.


Mais le débat n’est pas là. COVID oblige, voilà donc que le nouveau monde se voit confronté,
et sans y être préparé à deux autres mondes : le monde “d’avant” et le monde “d’après”,
avant et après l’épidémie, bien sûr.

Cette épidémie tragique, avec des conséquences terribles au plan humain et très bientôt,
sans doute, au plan économique et social, aura eu au moins une vertu : Celle de nous faire
percevoir à quoi pourrait ressembler un monde libéré, ne serait-ce que partiellement, de la
folie néolibérale, folie libérale dont chacun perçoit également qu’elle est directement à
l’origine du désastre sanitaire que nous connaissons.


Je renvoie, pour cela aux écrits de Barbara Stiegler : « Il faut s’adapter » paru chez Gallimard
en Février 2019.

Comment les supermarchés peuvent avoir des masques chirurgicaux ?


Dans ce contexte, deux faits posent particulièrement question : La vente en supermarché
depuis le 4 mai de masques chirurgicaux, et la vente prévue de pièces du mobilier national
au profit de la fondation “Hôpitaux de France”, présidée par… Brigitte Macron.


Donc, à partir du 4 mai, les grandes enseignes commenceront à vendre des masques dans
leur magasin. Une annonce qui irrite les professionnels de santé. Dans une tribune
commune, médecins, dentistes, kinésithérapeutes ou encore infirmiers s’interrogent. Ils se
demandent comment les supermarchés peuvent avoir des masques chirurgicaux alors
qu’eux-mêmes en ont cruellement manqué et ont dû faire face à des semaines de pénurie.


Les commerçants ont-ils privé les professionnels de santé de protection ?
Comment ont-ils pu trouver si facilement autant de masques alors que les pouvoirs publics
eux, se faisaient subtiliser les leurs par les américains, quand ils en trouvaient sur le tarmac
même des aéroports ?


Cela ressemble quand même furieusement soit à de l’amateurisme, soit à du “foutage de
gueule”… Peut-être même à un mélange des deux.

Mais aussi, comme le signale Médiapart dans son article « Brigitte Macron, en son Palais,
privatise le mobilier :


La vente aux enchères au profit de la Fondation Hôpitaux de France présidée par l’épouse
du locataire de l’Élysée, de pièces issues du mobilier national. Problème : le mobilier
national est inaliénable, et si de rares exceptions sont possibles, les recettes tombent
normalement dans les caisses de l’État.

« Le Mobilier national a pour mission de meubler les bâtiments officiels de la République
française auxquels il prête certains objets de sa collection, forte de 200.000 pièces dont
75.000 à forte valeur patrimoniale et plusieurs objets prestigieux et précieux. »


La vente aux enchères de ces biens d’État sera réalisée au profit de la Fondation des
hôpitaux de France, organisme de droit privé, présidée par Madame Brigitte Macron, et qui
fonctionne normalement avec la collecte des pièces jaunes.

Ces meubles appartiennent à tous les français

Mais ces meubles appartiennent à tous les français. Il est quand même ahurissant de faire
prendre pour de l’engagement auprès des hôpitaux, ce qui n’est rien d’autre que la “vente
des bijoux de famille”.


Brigitte Macron, par un fabuleux tour de passe passe, s’érige en sauveuse du système de
soins français que son mari s’évertue, par ailleurs, à abattre.


Une telle opération pourrait s’assimiler alors à un détournement de biens publics (article
432-15 du Code pénal).


Il aurait été, bien sûr, plus simple de solliciter les oligarques et les milliardaires, amis du
couple présidentiel
, mais non : Mieux vaut brader le patrimoine ou faire payer les gens
modestes (Ils ont peu, mais ils sont nombreux…)

Ce ne sont que deux exemples, parmi d’autres, de la manière pour le moins discutable dont
est gérée cette crise sanitaire depuis le début.


Promesses et démentis, communication du gouvernement calamiteuse (voir les
performances audio visuelles de la si bête porte parole Mme. Ndiaye), primes aux soignants
dont on ne voit pas encore la couleur et qui ne seront de toutes façons, qu’un saupoudrage
de miettes, allouées avec parcimonie, sous certaines conditions et certainement pas à bon
escient.

C’est une insulte à leur courage […]

Tout cela est indigne de l’engagement dont ont fait preuve tous les acteurs de cette crise
sanitaire, parfois dans un dénuement quasi complet.


C’est une insulte à leur courage, leur dévouement, leur oubli d’eux même.
La CGT du CH Montfavet pense que, dans le “monde d’après”, il faudra répondre à toutes
les questions, même les plus gênantes. Il faudra rendre des comptes, mais, ne nous
leurrons pas, beaucoup de responsables chercheront à échapper à leurs erreurs, leur
impréparation, leur amateurisme.


De nombreuses plaintes ont déjà été déposées. Espérons qu’elles aideront à y voir plus
clair.

Les actionnaires engrangent toujours leurs dividendes

La CGT espère que les leçons de cette abominable crise seront tirées et qu’enfin, les gens
ayant une véritable utilité sociale soient reconnus à leur juste valeur
, car enfin, même dans
ce contexte, les actionnaires engrangent toujours leurs dividendes alors que le
gouvernement se refuse à évoquer ne serait-ce que l’hypothèse d’une revalorisation de
salaire pour tous ceux qui ont tenu la santé du pays à bout de bras.


Une telle inversion des valeurs, si elle pouvait voir le jour, augurerait alors très bien de ce
que pourrait alors être “Le monde d’après”.